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••• Collège Belle de Mai à Marseille - Forum de la poésie

Enseignante de lettres :
Anne Lubeit

Intervenante :
Florence Pazzottu

Introduction
« Je suis retournée au collège de la Belle-de-Mai, dans une des classes de Mme Lubeit. Des enfants souriants, vifs et attentifs, à qui j’ai lu toutes sortes de textes, puisés d’abord dans la petite anthologie de Bernard Noël, Un certain accent, puis au gré de mes rencontres avec les livres, dans les dernières parutions de tel ou tel auteur : Dominique Fourcade, Elke de Rijke, Israël Eliraz, Jean-Luc Sarré... Ils furent eux-mêmes de plus en plus impatients d’écrire, et Anne Lubeit et moi-même fûmes chaque fois surprises de leur enthousiasme et de leur liberté d’invention. Nous n’avons sélectionné ici que quelques-uns de leurs très nombreux poèmes. »

Florence Pazzottu

 

Une substance instrumentale
Nous guide vers le savoir
Entourant le vide
L’angoisse
Couleurs qui jaillissent
Le silence qui s’ennuie
Comme impossible
à cueillir

Le sommeil me recherche
Malgré la longueur
Qui nous sépare
Mais le soleil m’aspire
Comme un vaste trou noir

Ali Moudjahid

 

Au milieu des animaux sauvages
Se trouvent moi et le silence

Je cours dans la maison
Où se trouvent 1001 portes
Mais finalement
Je ne franchis que la porte du réveil

Dans les signes de mes gestes
Règne le bruit profond

L’appel de la nature
L’appel du désert
Avec des signes
Se fait en criant

Aïda Dari

 

Je joue dans un film. Dans mon rôle, je me sens bien,
Tout est bien. Il n’y a pas le sentiment de danger, de désespoir.
Mais quand vient l’heure de partir, tout revient, le danger, le désespoir
La vraie vie.

Asmina Youssouf

 

Vêtue de noir tu me sembles triste
     l’enfer accable ta démarche
          la haine t’envahit
               la tristesse te réjouit
                    j’aimerais pas plonger avec toi
Quoi que je fasse
     quoi que je dise
          quoi que je porte
               enfin dans ma vie il y a tout plein de quoi
                    et je reste la même avec mes quoi
La mouche était la vie
je la tue
et tout est vide

Sarah Zimmerman

 

Cet
arc-en-ciel
qui envahit le ciel
immobile
est
comme un
tourbillon
de
couleurs.
Une mouche.
Une mouche qui danse autour
d’une lampe allumée
se grille et tombe.

Laurent Badenne

 

Sur le pont de l’ennui il n’y a
     rien, ni magasin ni cinéma et il
          n’y a pas de couleurs
               sauf ce bleu frontal.
Dans la mer, on voit
une ombre inhabituelle
Sombre et immobile
c’est la forme profonde
de la mer.

Une lumière profonde enfouie
au fond de moi sort et
m’éblouit en même temps
m’étonne

Il y a devant moi 3 portes.
Les portes de la tendresse, de la haine et de l’amour.
Je ne sais pas laquelle prendre mais tout ce que je sais :
Je dois parcourir le chemin du “je ne sais pas”.

Toiaïmina Boina Assoumane

 

la muraille qui nous sépare ne se finit jamais
je n’arrive pas à la transpercer le silence a envahi mon corps pas même ma
pensée n’arrive à toi.

un tremblement de ta main
un tremblement des endroits paisibles
Dans un paysage gris.

Une ombre solitaire.
Une main légère.
Se lève pour fissurer le monde.

Une inspiration

Suivie d’une expiration
D’une lumière sauvage
A la main transperçant le ciel
Comme une pomme impossible
Lourde d’angoisse.

Amin Qazdar

 

Le jour est imprenable
     dans la nuit comme
La nuit est imprenable
     dans le jour

L’ombre du soleil
Assure le monde
Le silence règne
Dans l’ombre

Yazidou Soulaimana

 

Le noir commence encore
à empirer le monde
le jour aussi empire le monde
tous les jours

Quand on marche dans la rue
Il y a des signes, des gestes de
Toutes sortes. Des signes
Fracas, des gestes inhabituels,
Et des gens solitaires.

Ayoub Ouajjat

 

Quand je console avec de jolis
mots ou de belles phrases
c’est là où la lumière fait éclater ma
pensée c’est là où des poèmes
viennent éclairer ma journée

Cette angoisse de tomber
ou de pleurer
ou d’oublier
ou cette angoisse de
traverser le pays
ou simplement cette
angoisse d’être angoissée

Isild Soucy

 

Dans mes rêves le silence règne
J’étais en train de
          L’instrument de musique
m’ennuyer
          J’ai entendu.
La muraille était agitée au matin
et la nuit elle dort dans un silence avec le vent qui murmure
son souffle dans les feuilles...

Hamza Hamzaoui

 

De mes yeux s’échappe une lueur
Ma tête héberge des pensées
Mes pensées me mentent
Et moi je rêve d’un monde meilleur
Et moi plongée dans mes pensées
Quelqu’un mettant l’échelle
Mais la peur m’envahit
Au-delà de ma vie s’éveille un mur
Un mur incassable.

Madi Dhouraya

 

Les enfants du soleil
Partirent vers l’arc-en-ciel
Les nuages disparurent,
Et les rires défilèrent
viennent éclairer ma journée

Mon père est parti sans jamais revenir,
Ce n’est plus un père, c’est un rêve,
Ou encore un souvenir.

Une forteresse de verre
Habitée par des hommes d’argent
Une invasion de rats de couleur
Y mit fin.

 


Ana Pavicevic

 

une main argentée suit une couleur étrangement impénétrable
son ombre est sinistre, le monde est immobile comme
le temps à tuer écoule lentement la marée
se fissure et laisse une ombre
ceci est douteux et incompréhensible
comme le brouillard dans une guerre

Théophile

 

(Les épreuves de la vie)

Je ne sais pas si j’y arriverai
mais je dois essayer d’atteindre
le sommet de la vie

 


Sara Nacer


   Dans les collèges

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