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••• Collège Jacques Prévert à St Victoret - Forum de la poésie

Enseignante de lettres :
Madame Ouerfelli

Intervenante :
Florence Pazzottu

Introduction
Les élèves de 6ème B du collège de Saint-Victoret n’avaient aucune idée de ce que certains appellent « la poésie contemporaine ». Ils n’imaginaient pas, me dirent-ils, que l’on puisse écrire « sans rime » : « à quoi ça rime ? est-ce encore de la poésie ? ». Avec beaucoup de gentillesse et de curiosité cependant, ils ont écouté. Des auteurs traduits, des auteurs français, des écritures très différentes, certaines nées au siècle dernier, d’autres venant à peine d’apparaître... Et timidement d’abord, puis avec plus d’audace, dans l’espace ouvert par la lecture, ils ont écrit... Certains des poèmes ici présentés ont été écrits après que j’ai partagé avec eux une adaptation en vers du joueur de flûte de Hamelin encore inédite.

Florence Pazzottu

 

Un petit cœur
N’hésite pas à faire grandir
Le monde

La douceur de la mer
Est seule

La flûte
Donne une nuit douce et attentive
Avec une ombre
Que fait nul regard

Aurélie Blanc

 

EN HAUT DU VOLCAN
Au-delà de la montagne
Une flamme jaillit
Et une petite fille resta immobile.

Le monde est grand
La fille est petite
Le vent souffle
Le garçon a peur
Du mensonge et de la haine

Iann Brigant

 

Dans la nuit de Noël
Les enfants regardent un arc-en-ciel
Et le joueur de flûte
Joue au lointain
Puis regarde son ombre noire
À côté du désert

Pourquoi avoir un cœur si on ne l’utilise pas ?

Une fleur jaillit de nulle part
Et lorsqu’on la regarde
Elle vient vers toi
Tout doucement sans bruit
Elle vient prendre ton cœur

Alison Leray

 

Loin des yeux loin du
Cœur ce proverbe est bien
Menteur mais malgré la
Distance c’est à toi que je
Pense ! ! !

Rose-Marie Cortes

 

Quand les avions passaient
Les clochards étaient heureux
Les blédards retournaient au bled
Les clandos grattaient de l’argent
Tous les passants se cachaient
Quand ils les voyaient
Ils avaient peur d’eux
Tout était normal.

Petite, je passais ma journée au bord de l’eau
En pensant que j’étais seul
En grandissant j’ai découvert le monde.

Tunahan Ucar

 

En me promenant
Je vis du feu
En me promenant
Je vis un vaste paysage
Mais je devins immobile
Quand je vis un vol d’oiseau
Il fait beau mais mon cœur a froid
Car les nuages le cachent
Et le soleil ne le touche jamais
L’échelle de l’amour s’est cassée
Mon cœur est devenu gelé
Je devins si malheureuse
Que je finis par tomber

Maelis Touloum

 

Cette flûte d’or
Et ces rires insouciants
Dans mon cœur profond
Je vois cet océan
Sur un coucher de soleil
Dans ce beau ciel bleu
Sur ce nuage d’eau,
Où l’air est pur,
Dans mon cœur,
J’invente.

Julien Pons

 

une ombre
te regarde
la nuit
mais tu n’es qu’un enfant
et...

seul à travers les flammes
avec la peur du soir

la petite fille raconte
des mensonges
car elle a peur

Kelly Pollio

 

 

Jamais libre
Jamais immobile
Jamais joyeux
Jamais malheureux
Jamais brave
Jamais écrasé
Jamais rien
Mais alors quoi ?
Rien que des pleurs
Rien que des limites
Rien que des flammes
Rien que des inconnus
Rien que des nuages
Rien que des avions
Rien que des cœurs
Et moi de même

Julien Barbarroux

 

(Les malheureux)
Les malheureux pleurent sur une montagne.
Un avion tombe.
On plonge dans une mer brave volée par une présidente joyeuse.
Il y a de l’herbe sous le sable éclatant les nuages sur une petite fille au cœur
immobile noir.

(J’avais peur)
Petite, j’avais peur de ton petit crayon gros gras minuscule
comme toi.

Dilan Sari

 

Toi qui me connais
dis-moi qui je suis
car je ne te connais pas
mais dis-moi si je t’aime
Des enfants regardent le désert avant Noël
comme des rats qui se dissimulent dans l’ombre
en écoutant la mélodie d’une flûte de bois

Morgane Rutkowski

 

En me promenant longtemps avec douceur
Une nouvelle époque commença joyeusement
Pour aimer le temps qui est long et pétillant.

Une douce flamme orange permanente
S’est éteinte sous les nuages doucement
En laissant place au jour

Michèle Di Santolo

 

(Paysages)

le long de la rivière
au bord du soleil
devant ces grands arbres verts
en haut de la montagne
il y avait au loin devant la mer
une grande forêt toute joyeuse
car on lui prêtait attention
(elle était grande et verte
avec de belles fleurs rouges et roses)

Laure Borgognoni

 

Je rêve d’un animal encore et encore
   Je rêve que je galope sur son dos les cheveux dans le vent
      Sur une magnifique plage à l’eau bleu turquoise
         Cet animal est le cheval qui reste en moi.

Dans la nature un mot apparaît naturellement
   Dans la nature des mots, leur seule et unique nature
      Est la nature grammaticale
        Et mentale.

Alexandra Pinna

 

L’insouciance lointaine
Dissimule ses regards désertiques
Qui une nuit
Nuisent aux habitants

Plongé au-delà de mes pensées
Je me promenais
Où ?
Au-delà de mon cœur pétillant
Vit une âme perdue
Insolite et inconnue

Immobile et sévère
Comme la tombée de la nuit
Je me laisse surprendre
Sans faire de bruit

Théo Biadl

 

Sur une flaque d’eau
Je voyais mon reflet
Si joyeux si brave
Ma flamme sortir de l’eau
Tout doucement sans bruit

L’échelle de l’amour est toujours ouverte
Je plonge dans le bonheur permanent
La flamme qui nous sépare
Ne sera jamais brisée

Bruno Costarella


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