Ordina13 Ordina13 Ordina13
Ordina13 Ordina13 Ordina13
Ordina13 Un collégien, un ordinateur portable Ordina13


••• Collège Françoise Dolto à St Andiol - Forum de la poésie

Enseignante :
Christine Portal

Intervenante :
Dorothée Volut

« La poésie est l’égale des mots »

Cette année encore, retrouver la petite classe du fond avec sa grande fenêtre sur le paysage, et les affiches du c ipM toujours aux murs. J’apprends que la classe de 5ème avec qui je travaillerai est un groupe qui participe à un projet d’éveil autour de l’environnement.
Je me souviendrai d’Olivier qui, dès le premier atelier et après nous avoir fait remarquer qu’il portait le même nom que l’arbre, vint lire un poème qu’il avait écrit en observant un oiseau perché sur une branche : « peau de plumes ».
Plus tard un autre lança – était-ce Kévin ? – « Oui, sur le mot oiseau, il y a des plumes ». C’est ainsi que je vous suivis. « Dans poème il y a M la lettre/il y a èmer la peau d’un poète/dans poème il y a une partie de notre peau ». L’intuition que le mot peut devenir la chose désignée, sa matière même, et que la chose danse étroitement avec le mot. Que la poésie, ça se loge quelque part dans ce dialogue infini entre l’oiseau et le mot qui le pointe, les lettres qui le composent, et l’écoute que le mot écrit, puis prononcé, crée soudain dans la pièce. James Sacré, Eugène Guillevic et Jean Tortel sont les noms de 3 poètes qui aiguisèrent nos oreilles à de tels frottements.
« Venez Madame, on ouvre un livre ! », me dit un autre jour Alexandre, les yeux brillants d’avoir écrit sur sa feuille quelque chose qui lui plaisait. Ouvrir un livre, comme on ouvre un magasin de mots, un grenier de paroles. Cela me fit penser à « La Boutique obscure » de Georges Perec, livre dans lequel il consigna ses rêves. Etre dans le livre dès l’instant qu’on écrit son nom, dit Edmond Jabès. Et il ajoute : « Rentré en possession de ton nom, l’alphabet t’appartient ». Avec ta phrase, Alexandre, le livre devenait brusquement une porte de sortie, une issue possible. C’est ce bel élan que j’ai reconnu et aimé chez vous, même quand les corps agités ne tenaient plus les langues. Votre intuition que la poésie est cet entremêlement de dedans et de dehors, et que la phrase est une recherche d’équilibre. Cela vous fit, d’ailleurs, plusieurs fois passer du plus grand mutisme au déchaînement de dire ! Voici consignés dans ce livre quelques-uns des poèmes nés dans cet entre-deux. Merci à Madame Portal d’avoir rendu possible ces moments.

Dorothée Volut

 

Le mot porte

Le mot porte ouvrir découvrir – passer de logement en logement – des choses, la liberté, un portillon simple morceau de bois ou porte de plastique.
Mot porte qui, à double battant, nous livre des secrets sur le monde. Chose carrée qui, avec une poignée, ouvre la voie de découvrir de penser, mais peut aussi se rebeller, se transformer en fer, avec des barreaux et tout d’un coup il n’y a plus de poignée : le mot se referme sur le sort. Puis un beau jour le mot porte s’ouvre à nouveau. Il s’excuse, continue de s’ouvrir et de se fermer.

Olivier Rey

 

Dans le mot nuage, je me sens léger
Dans le mot nuage, je pleure
Dans le mot nuage, j’ai le vertige
Dans le mot nuage, je vois des fourmis
Dans le mot nuage, je me sens planer
Dans le mot nuage, je laisse souvent la place au soleil et au vent
Dans le mot nuage, je me dissipe
Dans le mot nuage, je me sépare
Dans le mot nuage, je vois des oiseaux de très près
Dans le mot nuage, je suis quelques fois seul.

Kévin Peyron

 

Je ne suis pas stylo
Et je me sens écrire
Je ne suis pas feuille
Et je me sens déchirée
Je ne suis pas feutre
Et je me sens dessiner
Et si le poème
était le vent
Qui soufflerait, mangerait des nuages
volerait des moutons, chanterait la pluie
sans jamais se cacher.

Joëlle Catherine

 

1. On ne marche pas dans la fin
2. On ne peut pas éparpiller le regard de quelqu’un
3. Comme la chose de cet espace
4. On rêve d’un regard sensuel
5. On nage dans l’espace sentimental
6. Il ne faut pas dérober les sentiments des autres
7. Quand nous deviendrons minuscules, ce ne sera que temporel.

Manon Barth

 

Le mot étoile brille ?
L’astre visible mot étoile s’illumine ?
Le mot soleil et lune étoile s’explose ?
Le mot étoile point brillant scintille ?
Le mot étoile est dans le ciel plus que magnifique.

Gaëlle Navarre

 

On ne peut pas voir la pluie : elle est transparente.
Comme les bruits,
on peut toucher les choses.
On fait comme la vache : on aime les branches.

Louis Desbordes

 

On ne voit pas avec les yeux.
On ne peut pas confondre
comme les flammes dans un feu.
On entend des bruits.
On dégonfle l’espace.
L’espace est une chose dans la tête, quand nous faisons des rêves.

Sébastien Garcia

 

Dans le mot arbre il y a, végétal, des feuilles. On peut en faire des racines, feuilles de papier. Dans le mot arbre il y a branches, des branches. Est-ce que le mot feuillage, arbre, bourgeonne ? Est-ce que le mot tronc d’arbre grandit ?

Anaïs Roland

 

Et si le poème
était une larme

Qui coulerait
Sans jamais sécher ?

Et si le poème
était une formule mathématique

Qui se calculerait
Sans jamais tricher ?

Et si le poème
était une parallèle

Qui roulerait
Sans jamais se croiser ?

Sophie Grenier

mer / mon /pas/ râle
en/ con/ par/ âme
on/ coin/ parle/ arbre
on/ bol/ paire/ pâle
en/ bon/ carpe/ mal
main/ ce/ car/ lame
en/ col/ par/ arme
in / com /pa/ rable

Johan Pelosato

 

Le mot rien

C’est quoi le mot rien.
qui sert à rien qui fait rien.
Le mot rien n’a plus rien,
plus de lettres.
Le mot rien peut s’écrire sans rien
d’une feuille sans rien
d’une encre sans rien
le mot rien n’a pas de passé
le mot rien rit
le mot rien noir et blanc.

Damien Orard

Et si le poème
était eau
Qui tomberait sur le carrelage
sans jamais sécher ?

Et si le poème
était serpillière
Qui essuierait
sans jamais se laver elle-même ?

Je suis un chien, je lèche les mots.
Je suis un méchant, j’empoisonne les
mots. Je suis un détracteur, je détruits
les mots.

Dylan De Castro

 



chaudement
j’allume la
chaudière pour
avoir chaud je bois
du coca pour avoir
froid : oh ! tac ! clac !
la cocotte en
chocolat tache le chat
le chat colle
la cocotte chaudement
oh ! et tac ! toc !
le chocolat choque le patron et clac !

me voilà au
chômage.

Mathias Rodriguez

Qu’est-ce qui est
imaginable ?


– l’image d’un génie de table ?

– un immense jus de pomme frais
avec un tablier ?

– un inimaginable gag fait
avec habileté ?

– un immeuble grand
et très adorable ?

Quentin Reynaud

 



On ne l’air pas
On ne peut pas sourire,
comme une siamoise.
On ne voit pas cette étoile.
On a l’infini devant nous.
Il ne t’aime pas, toi
quand nous sommes en noir.

Marion Le Gauyer

Le mot jumelle

Le mot jumelle est une personne
enfant qui compte beaucoup.
Le mot jumelle divisé, c’est
quelqu’un à qui en deux se confier.
Le mot jumelle, c’est
deux mêmes personnes qui se
ressemblent.
Le mot personne jumelle n’est pas
seul : deux personnes n’en font
qu’une.

Margaux Chailloux

 

On ne l’aime pas, la couleur rouge.
On ne peut pas avoir la peau bleue
comme une rayure de couleur.
On ne met pas de mitaine.
On admire le vert.
On ne sait pas mettre une écharpe.
Quand on observe un stylo, ça ne nous fait aucune impression.

Anaïs Chetcuti

 

Le mot jardin

Jardin est un mot si vaste.
On peut y trouver des fleurs à un pétale.
Tels que i.
On peut y trouver des arbres avec des branches.
Telles que j.
On peut y trouver un chemin.
Tel que les lettres nous le montrent.
On peut y trouver des impasses.
Telles que d nous piège dans sa boucle.
Ce mot-là on le trouve toujours au même endroit.
On peut venir revenir, il sera là. Mais le chemin peut changer.
Tel que.

Sarah Mezouar

 

elle a un an
elle est tuée par l’être humain
elle fait partie de la nature
elle lutte pour pousser
sa couleur est nulle
elle ne peut pas téléphoner
tu la cultives
tu as de l’eau pour la faire vivre *

* l’herbe, où se trouve des lutins.

Kévin Tarazona

 

Et si le poème
était un désir
    Qui grandirait
    Sans jamais cesser d’aimer
      Et si le poème
      était une bouche
        Qui ne cesserait de parler
        Sans jamais être écoutée

Juliette Franchini

 

On ne peut pas toujours savoir.
On ne peut pas avoir toujours un joli temps.
Quand nous plantons des graines, l’herbe ne pousse pas de suite,
comme un arbre haut, un immeuble.
On remplit l’espace
comme on remplit un château d’eau.

Alexandre De Filippo

 

Logomi, logoma, logome, logo, logui, loga, complètement gammé !
Oh! c’est lourd ces grammes, ces graves.
Je le remets, je l’enlève : c’est trop gogramme !
go, ga, gi, le mot des petits.
Bizarre, bizarre : vraiment trop logogramme.

Sandra Lignon

 

Le mot silhouette

Le mot silhouette est une ligne profile ou une forme, contours
schématiques, sur des personnes. Quel que soit, forme, le temps – que ce soit
dessin, même dans le brouillard, on la voit tout le temps, qui reflète dans
l’eau. Le mot silhouette change t-il ? Oui, quand on vieillit notre mot
silhouette se replie.
Le mot silhouette s’écrit sur tous les murs quand on passe par ici

Sophie Betourne

 


   Dans les collèges

• Marcel Pagnol
• Henri Barnier
• Belle de Mai
• Roquepertuse
• Françoise Dolto
• Jacques Prévert
• Vieux Port
• Campagne Fraissinet
• Miramaris

Boite Ordina13


Ordina13 Ordina13
Ordina13 Ordina13
Ordina13 Ordina13
Ordina13 Ordina13
Mentions légales | Contacts