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Ordina13 Un collégien, un ordinateur portable Ordina13


••• Graines d'artistes - Numéro 6


Bonjour à toutes et tous !


Toute cette année, à nouveau, des artistes ont rencontré des collégiens, des enseignants, des collèges. Ils ont partagé ensemble des projets. Une équipe de reporters (de Radio Grenouille notamment) en a suivi certains de près : Slam, Art de Rue, Cinéma, Musiques du Monde, Théâtre, Danse.
Nous vous proposons une première visite multimédia au coeur de quelques uns de ces moments créatifs ! Et suite en septembre avec des arts numériques et contemporains, des musiques...

Bonne rétrospective ou découverte !

La Direction de l'Éducation et de la Culture avec l'association Co_opérative.

 

A écouter A lire...

Fotokino à Henri Wallon, Mars(eille)

Le 20 mars 2009, une équipe de jeunes chercheurs en cinéma d’animation nous ouvraient les portes de leur laboratoire à idées. Basés au sein du collège Henri Wallon, sur Mars(eille), ces élèves de 5ème nous dévoilaient leurs toutes dernières inventions ; fruits d’une effervescence créatrice révélée par l’association Fotokino.

En plus de se consacrer à la diffusion de travaux artistiques extras (!) terrestres tout au long de l’année, l’équipe du vaisseau Fotokino (ce jour-là, Nathalie Guimard et Karen Louÿs) partage sa passion pour les arts visuels avec les plus jeunes en animant des ateliers au cours desquels chacun peut puiser dans son imagination et comprendre, petit à petit, et de manière parfois presque inquiétante (!) qu’une simple vision peut prendre vie et s’animer sur le papier.

Ceci, chers lecteurs, est donc le récit des évènements surnaturels qui se sont déroulés sur cette étrange planète, selon les traces écrites retrouvées dans le journal de bord …

Fotokino à Henri Wallon10h05 : Des enfants nous accueillent au cœur de leur galaxie d’images ; leur professeur de français terrestre, Mme Revel, m’attire dans son champ de gravitation : « Nous avions déjà suivi le travail de Fotokino au cours de l’expérience Laterna Magica¹ et les élèves ont pu réutiliser certains éléments vu dans Alice par exemple, ou dans O’Brother avec Collège au cinéma pour les mettre en (dimension) parallèle avec leur cours de français sur L’Odysée d’Ulysse ».
Un parallèle qui fait écho à une même volonté de Fotokino de vouloir décloisonner les genres artistiques et créer des passerelles, comme ici entre le cinéma et la littérature.

10h12 : Un gentil petit bonhomme , pas plus grand que ça (1m60), tente d’établir une communication avec la planète Terre. Extrait :

« Je voudrais dessiner un homme qui se transforme en crabe, mais j’ai du mal avec le visage. Ce sont toujours les visages qui me posent problème ». Karen, de Fotokino, vole à la rescousse de ce jeune scientifique très prometteur, et, d’un geste accompagnateur, l’aide à concrétiser sa vision en traits de crayons plus assurés.

10h15 : Une plante déploie ses tiges sur le papier, s’étire langoureusement au soleil avant d’essuyer un bâillement qui la plongera dans les bras de Morphing. A peine le temps de me retourner (en enfance) qu’un homme se change effectivement en crabe à toute vitesse !

10h20 : Le problème de la pollution atmosphérique trouve enfin sa solution. Un jeune physicien vient d’inventer la première fusée qui vole grâce aux énergies renouvelables. Le méthane, un gaz naturel, qui promet un avenir radieux à la couche d’ozone. Sur le papier, du moins. Success story d’un succès co(s)mique :

« Au début, je n’avais pas d’idée, et puis j’ai pensé à une fusée mais je voulais trouver une manière originale pour qu’elle se déplace ». Et modeste, avec ça.

Fotokino à Henri Wallon11h00 : Nathalie et Karen (Fotokino) veillent au grain (de folie). La névrose créatrice de chacun peut prendre corps – et âme ! – grâce à leurs précieux conseils. Elles délivrent avec parcimonie les secrets du story-board, laissant à chacun l’occasion d’apprendre par le geste.

11h10 : Après l’effort, le [rec]onfort. Petite séance de visionnage ; retour sur les origines du cinéma d’animation, autrement dit, le dessin animé. L’un des tout premiers films de ce genre met en scène une charmante demoiselle diplodocus (Appelez-la Gertie), qui exécute cabrioles et calembours devant la caméra, sous l’œil amusé du public. Oui, bon, un peu trop amusé d’ailleurs. Un peu de diplomatie, et la classe redevient attentive.

Chaque extrait visionné par nos jeunes astronautes leur permet d’assimiler les termes spéciaux (spaciaux ?) déjà rencontrés dans la séance précédente ; un atelier en quatre séances, qui ouvre une fenêtre sur le monde extérieur au collège - un univers dans lequel ces collégiens peuvent puiser et réutiliser leurs découvertes à l'intérieur, cette fois, de l'établissement ; autrement dit en classe, comme nous l'explique Mme Revel :

« Comme je vous l'ai déjà expliqué tout à l'heure, les élèves peuvent tirer profit de ces expériences extra-scolaires pour créer des liens avec leurs cours (...) ; c'est un autre volet pédagogique qui a également l'avantage de les mobiliser sur un projet commun dans un cadre différent. Certains élèves ont en effet plus de difficultés à s'investir dans le travail à la maison, et par le biais de ces créations personnelles, ils prennent davantage conscience que ce travail porte ses fruits, que ce soit avec Fotokino, ou dans le cours de français, du coup. »

- Pourquoi le cours de français ?

"L'apprentissage de la langue passe également par l'enrichissement culturel, et l'ouverture d'esprit. En créant des ponts comme nous le faisons avec Fotokino, ou Collège au cinéma, le cours de français, et plus globalement l'établissement, replacent l'apprentissage scolaire dans une perspective ouverte sur l'extérieur ; ce qui permet non seulement de leur montrer que leurs cours servent à quelque chose (!) mais aussi de valoriser certains élèves moins "scolaires" que d'autres, justement, mais qui n'ont pas moins de talent !"

- - - Story board - Pixilation - Celluloïde - - -

Des termes qui vous semblent peut-être un peu barbares, mais qui n’ont nullement effrayé nos dessina(ma)teurs, tous friands d’explications, de précisions et d’anecdotes sur la création de ces films ; anecdotes que partage avec passion (et talent !) Nathalie Guimard.

Au-delà des termes et des techniques que ces jeunes ont appris au cours de cet atelier d’initiation au cinéma d’animation, c’est aussi, plus que tout, l’envie de créer, d’imaginer, de rêver encore un peu qui a probablement fait de cette mission une réussite pour les élèves, et leur professeur ; mais pas seulement, car dans ce cadre d’échange et de partage, Fotokino apprend également de ces enfants. C’est en entretenant cette relation privilégiée avec son « public », en expérimentant à travers ces ateliers que l’association peut, d’année en année, progresser elle aussi, rester fidèle à ses valeurs d’accessibilité de la culture, et proposer des évènements et des ateliers en rapport avec les attentes de la population marseillaise en quête d’onirisme visuel …

C’est aussi, et enfin, un échange humain ; expression ô combien galvaudée mais qui prend ici tout son sens puisque ces expériences « sensibles » permettent à tous ces jeunes d’avoir davantage confiance en eux, en leurs idées et en leur potentiel créatif ; « car nous estimons que la question de la qualité d’une œuvre ne se mesure pas à la taille du spectateur », comme le dit si bien Fotokino.

Florian Chevassu

Fotokino

Crédits photos : tous droits réservés à Fotokino

 



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