|
Graines d'artistes - Numéro 6
Bonjour à toutes et tous !
Toute cette année, à nouveau, des artistes ont rencontré des collégiens,
des enseignants, des collèges. Ils ont partagé ensemble des projets. Une équipe de reporters (de Radio Grenouille notamment) en a suivi certains de
près : Slam, Art de Rue, Cinéma, Musiques du Monde, Théâtre, Danse.
Nous vous proposons une première visite multimédia au coeur de quelques uns
de ces moments créatifs ! Et suite en septembre avec des arts numériques et
contemporains, des musiques...
Bonne rétrospective ou découverte !
La Direction de l'Éducation et de la Culture avec l'association
Co_opérative.
 |
A lire... |
Grenade au Roy d’Espagne
3 points de vue sur un atelier en collège
••• Version officielle
Dans le cadre d’une démarche d’éducation à la culture et d’éveil à la citoyenneté, le Conseil général des Bouches-du-Rhône a proposé à plusieurs classes de collégiens du collège du Roy d’Espagne (6e, 4e, 3e) de découvrir le travail la compagnie de danse Grenade. Les élèves ont ainsi pu assister à un extrait de leur spectacle sur la musique de West Side story.
L’histoire d’un amour entre deux jeunes gens issus de bandes rivales dans le Bronx, dans une chorégraphie originale qui mêle hip hop, danse contemporaine, danse traditionnelle africaine, indienne, smurf, par quatre représentants de la compagnie d’origines ethniques variées (Cambodge, Madagascar, Algérie, France) a permis aux élèves d’approcher de façon sensible des enjeux esthétiques et sociaux de fond, susceptibles d’entrer en résonance avec leur quotidien, tant au niveau des formes esthétiques que de la diversité culturelle et ethnique.
La représentation, qui a eu lieu dans le cadre d’une classe d’EPS dans le gymnase du collège, a été suivie d’une séance pédagogique composée d’explications orales sur le contenu du spectacle, et de quelques exercices pratiques de danse mettant en scène de façon physique les notions de dialogue.
••• Version dure réalité
« C’était un peu comme un cours, sauf que ce coup-ci, il y avait quatre profs, ils dansaient et ils avaient un micro sans fil. Ils ont expliqué la différence entre le hip hop, la danse contemporaine, la danse africaine, la danse indienne. Moi, je préfère le hip-hop, mais on a un peu appris des trucs, c’était pas mal. Ils dansaient bien. »
« Mon préféré c’était Nordin, le danseur de hip-hop. » « La Cambodgienne elle était trop bonne, ma parole, je l’aurais bien détournée, mais je crois qu’elle était maquée avec le karaté-ka. » « Ils dansaient pas tous bien, le deux meilleurs, c’étaient le Malgache et la Cambodgienne. »
« On a bien reconnu les différentes danses – hip hop, danse contemporaine, indienne ; y’a que la danse africaine, on a dit « haka, Nouvelle Zélande »… Ca ressemblait plus à des haka, ce qu’ils faisaient.
Mais le mieux, c’est quand les élèves ils ont dansé, ça c’était trop bon, on a bien rigolé. Franchement William il s’est trop bien débrouillé. Y en a d’autres, ils étaient paralysés, ils savaient pas quoi faire.
Non, c’était bien, ça change de d’habitude. »
••• Version mathématique
L’une des danseuses de la compagnie Grenade a expliqué que lorsque l’on danse, chaque mouvement correspond à un temps. Et 1 et 2 et 3 et 4 et 5 et 6 et 7 et 8, et 1 et 2… Du coup, « quand on danse, on n’arrête pas de compter ». Comptons donc.
Jeudi 9 avril 2009, à 14h30, deux danseurs et deux danseuses de la compagnie Grenade ont proposé à une cinquantaine d’élèves, issus de trois classes du collège du Roy d’Espagne (6e, 4e, et 3e) d’assister pendant les deux heures de leur cours d’EPS à une séance d’initiation à la danse par la compagnie Grenade.
Une fois terminé le spectacle, d’une durée d’environ 25 minutes, qui reposait sur le parallélisme et le croisement de deux duos de sexe masculin et féminin, les élèves ont paru plutôt intéressés d’apprendre les différents genres de danses présents dans le spectacle, et en particulier ces 4-ci : hip-hop, danse contemporaine, indienne, africaine.
ils ont également appris que la compagnie Grenade a été créée en 1992, suite à la rencontre de Josette Baïz avec la jeune Sinath, alors enfant, dans le but d’accompagner cette très jeune fille vers la professionnalisation. Grenade est aujourd’hui composée de huit danseurs, et que les quatre présents avaient quatre origines ethniques différentes.
Assis le long d’une ligne droite dans le sens de la longueur de la surface rectangulaire du gymnase, les élèves ont assisté à l’occupation spectaculaire et musicale de l’espace par les quatre danseurs, et se sont ensuite mêlés timidement à eux un par un.

Suite à la présentation orale, quatre élèves ont en effet successivement accepté de participer, avec plus ou moins de succès, à un petit jeu : danser avec l’un des danseurs « en miroir », en proposant des mouvements ou en suivant ceux du danseur (Jennifer, Farah, Michaël, William). Une nette majorité des élèves interrogés se sont déclarés satisfaits de cette séance.
Baptiste Lanaspèze
|
 |
A lire... |
Musique sans frontière
Avant de s'atteler à la 14ème édition de son festival en juillet, l'association Les Suds à Arles a organisé dans le cadre des actions artistiques du Conseil Général des Bouches du Rhône, des ateliers en collège, consacrés bien sûr...aux musiques du monde. Comment les musiques peuvent transcender les frontières géographiques, culturelles ou générationnelles... Voilà la question abordée avec les collégiens par leurs professeurs et les musiciens intervenants. L'ambition étant bien de replacer les musiques du monde dans leur contexte historique afin de souligner les influences et les liens qui peuvent exister entre elles, mais aussi avec les autres genres musicaux.
Musicien d'origine arménienne né au Liban et exilé en France, le musicien Abaji sollicité par Les Suds à Arles proposait aux élèves de 6ème des collèges Edmond Rostand à Marseille et Van Gogh à Arles, un concert-rencontre pour partager sa connaissance du bassin Méditerranéen à travers ses nombreux instruments, de la guitare-oud au bouzouki grec, en passant par le violon kemence ou des flûtes en bambou. L'occasion d'explorer avec les élèves les richesses culturelles de la Méditerranée, mais aussi de leur montrer que les musiques traditionnelles peuvent évoluer, et se révéler résolument modernes.
Redonner de l'écho aux musiques traditionnelles aujourd'hui et notamment auprès des jeunes, c'est aussi un aspect important des activités du Cor de la Plana. Le groupe de chanteurs occitans s'est chargé de plusieurs ateliers pour transmettre aux collégiens des établissements Longchamp et Vallon des Pins à Marseille (classes de 6, 5 et 4èmes), quelques références historiques ou géographiques sur les langues d'Oc, en jouant par exemple sur les sons de la langue et des objets.
Dernier participant pour ces ateliers musique du monde : le trio arlésien de Laurent Rigaud, qui a placé la question des influences croisées entre les musiques d'Afrique, du Brésil et des Caraïbes, au coeur de son intervention.
Célia Pascaud
|
 |
A écouter... |
L'A, B, C des percussions : la « mère Afrique » au collège
Avec Gérald Séguin, spécialiste de la Cuica, instrument de la musique brésilienne du Sud, et Julien Kamoun, batteur (Philharmonique de la Roquette) et grand connaisseur de Cuba, Laurent Rigaud, lui-même grand voyageur et joueur de balafon, a proposé dans 2 classes de 5ème des collèges Edmond Rostand à Marseille et Van Gogh à Arles, un concert pédagogique : le spectacle l'ABC des percussions, qui avait déjà tourné en milieu scolaire voilà 10ans. A comme Afrique, B comme Brésil et C pour Cuba...
••• La calebasse en Afrique de l'Ouest
L'arrivée dans une classe de 5ème du collège Edmond Rostand à Marseille, avec la professeur Christèle Delourme ; présentation de l'intervention et découverte de la calebasse, instrument-objet phare de l'Afrique de l'Ouest.
Lors de leur intervention, les musiciens du trio commencent par présenter leurs instruments. Ils s'arrêtent sur leur conception, rappellent le contexte : tel matériau utilisé constitue une ressource locale importante, etc. Puis le groupe se met au jeu et fait vibrer ces instruments.
L'intérêt de ce concert pédagogique et interactif, c'est bien de mettre à jour les liens qui existent entre la musique et la société, entre l'évolution des instruments et la façon dont on vit dans ces régions, le quotidien comme les grands évènements de l'histoire, la traite des esclaves notamment.
••• Le Brésil, l'histoire de l'esclavage, l'évolution des instruments
« Les classes sont métissées, les élèves d'origines différentes. Du coup ce spectacle et la présentation qui va avec leur parle, ça les renvoit à certains aspects de leur propre culture, ou aux origines de leurs parents » commente Laurent Rigaud. « Samba, salsa : ce sont des mots qui résonnent pour eux, même s'ils ne savent pas forcément d'où ça vient. Alors nous, on apporte des précisions, on explique. Et en fin de séance, même les plus réticents ou les plus turbulents participent et chantent. C'est important parce que l'objectif, c'est la transmission et le plaisir, la convivialité : montrer que la musique fait partie du quotidien. »
Dans l'enceinte du collège, ces interventions ont l'avantage d'instaurer un regard légèrement décalé et de faire tomber, pour un temps, certaines barrières ou inhibitions dans la classe; une « douce folie » dixit Laurent Rigaud. « Pour l'instant, les jeunes se prennent au jeu, et les retours sont bons dans les collèges. C'est une expérience qu'on renouvellerait volontiers ! ».
••• Mais où se trouve Cuba ? petite leçon de géographie...
|
|

|
|
 |